Paraguay : enquête après la découverte de restes humains dans une maison de l’ex-dictateur Stroessner

La découverte de trois crânes et d’autres restes humains enterrés dans une des maisons du général Alfredo Stroessner suscite l’émoi au Paraguay, tandis que les autorités tentent de vérifier s’ils pourraient appartenir à des disparus de la plus longue dictature d’Amérique du Sud.

La propriété, située à 325 kilomètres à l’est de la capitale, Asuncion, était abandonnée depuis de nombreuses années, jusqu’à l’installation il y a deux semaines de près de 200 familles sans abri. Des squatteurs ont alors découvert, au début du mois de septembre, les ossements sous le sol d’une des salles de bain.

Outre les disparitions, la Commission vérité justice et réparation se penche désormais sur les abus présumés commis par Alfredo Stroesser sur des jeunes femmes. Des accusations de viols émergent peu à peu.

— À lire sur https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/14/paraguay-enquete-apres-la-decouverte-de-restes-humains-dans-une-maison-de-l-ex-dictateur-stroessner_5510388_3210.html

La corruption de la… météo

Le secrétaire du Commerce Wilbur Ross se trouvait en Grèce, où il assistait à des rencontres officielles, lorsqu’il a appelé le directeur intérimaire de l’Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA), vendredi matin. Selon trois sources anonymes citées par le New York Times, il a demandé à son interlocuteur, Neil Jacobs, de modifier la déclaration de son agence selon laquelle Donald Trump s’était trompé en affirmant que l’ouragan Dorian allait frapper l’Alabama plus durement que prévu. La NOAA, faut-il préciser, relève du département du Commerce. Plus tard en soirée, la NOAA a émis un communiqué inhabituel donnant ni plus ni moins raison au président concernant la trajectoire de l’ouragan.

Source : La corruption de la… météo

En Andalousie, plongée dans l’enfer des serres de la tomate bio | Le Monde

Campohermoso (Espagne), trois fois la superficie de Paris consacré exclusivement à la culture intensive de fruits et légumes. Des serres, seulement des serres. Un dédale de kilomètres de serres, toutes en plastique. Une marée blanche qui dévore la côte, engloutit les villes et grignote inexorablement la montagne. Sous les serres d’Almeria, la production été comme hiver d’aliments bio se fait au prix d’une surexploitation des ressources humaines et naturelles.

Calahonda (Espagne), le 21 juin. Le village est encerclé par des centaines de serres consacrées notamment à la culture de tomates. JULIEN GOLDSTEIN POUR « LE MONDE »
Calahonda (Espagne), le 21 juin. Le village est encerclé par des centaines de serres consacrées notamment à la culture de tomates. JULIEN GOLDSTEIN POUR « LE MONDE »

Cette seule image accompagnant l’article du journal Le Monde en dit déjà beaucoup…

La suite de l’article (réservé aux abonnés) : En Andalousie, plongée dans l’enfer des serres de la tomate bio | Le Monde

Elfriede Jelinek : « on ne dévoile pas le racisme ou le sexisme d’une langue en l’édulcorant »

L’auteure de « La Pianiste », Prix Nobel de littérature 2004, enfant terrible de l’Autriche, tient le monde à distance depuis quinze ans. Présence purement numérique, elle publie ses textes tranchants et ironiques sur Internet, et n’accorde plus que de rares interviews – telle celle-ci au journal « Le Monde ».

Vous considérez-vous toujours comme une artiste engagée ?

« Artiste engagée, c’est presque devenu une insulte. Dans leur grande majorité, ceux qui écrivent aujourd’hui revendiquent plutôt le fait d’être politiquement incorrects. Moi aussi, je m’insurge depuis un certain temps contre les dérives de la « political correct­ness ». Quand on est écrivain, on n’a pas le choix, on ne peut pas faire autrement. C’est un langage trop souvent perverti, qui n’est plus qu’un rituel vide de sens, un apaisement superficiel des rapports sociaux. A bien des égards, il tend à niveler les différences au lieu de les faire éclater au grand jour, tout en se revendiquant de la bien-pensance. Or on ne dévoile pas le racisme ou le sexisme d’une langue en l’édulcorant, ou en inventant d’autres mots parce que les anciens sont usés. Ces mots soi-disant nouveaux ne sont en réalité que des clichés, qui servent à discipliner les gens. Tous ceux qui sont opprimés ont beau le souhaiter eux aussi, ce n’est pas en disant que les Afro-Américains, par exemple, sont des citoyens à part entière qu’ils le deviennent dans les faits. C’est une façon d’édulcorer ou d’euphémiser les rapports sociaux. Que fait-on alors des Nègres, de ­Genet 1958 ? Ou du Combat de nègre et de chiens, de Koltès Minuit, 1979 ? Ce n’est pas non plus en ­féminisant la langue que l’on parviendra à l’égalité entre les sexes. Même si c’est très important et que je suis pour, ce n’est qu’une première étape. Il ne faut pas s’arrêter là. Il faut sans cesse faire éclater la plaie pour en faire sortir le pus. »

Source : Elfriede Jelinek : « La rage me submerge toujours autant, sans quoi je n’écrirais pas »

D’où vient l’actuelle vague de mobilisation en Russie ?

Comment expliquer un tel mouvement, le plus important depuis près de dix ans ? Entre la cote de popularité du président russe, au plus bas depuis 2013, et les manœuvres politiques visant à éliminer toute concurrence aux élections municipales du 8 septembre, Le Monde revient en vidéo sur les origines des manifestations.

— Source :  www.lemonde.fr/international/video/2019/08/09/russie-d-ou-vient-la-vague-de-mobilisation_5498187_3210.html

Toni Morrison (1931 – 2019) et le racisme

«La fonction, la très sérieuse fonction du racisme, est la distraction. Il vous empêche de faire votre travail. Il vous pousse à expliquer, encore et toujours, votre raison d’être. Quelqu’un dit que vous n’avez pas de langue, alors vous passez 20 ans à prouver que vous en avez. Quelqu’un dit que votre tête n’est pas correctement formée, alors vous avez des scientifiques qui travaillent pour démontrer le contraire. Quelqu’un dit que vous n’avez pas d’art, alors vous ressortez tout cela. Quelqu’un dit que vous n’avez pas de royaumes, alors vous ressortez tout cela. Rien de tout cela n’est nécessaire. Ils auront toujours à redire.»

Toni Morrison, écrivaine américaine et récipiendaire du prix Nobel de littérature, s’exprimant en mai 1975 sur le racisme. L’auteure de Beloved, Song of Solomon et Sula avait 88 ans.

Source : La citation du jour | Le blogue de Richard Hétu

Crédit image : Angela Radulescu • CC BY-SA 2.0

Trump Fans the Flames of a Racial Fire – The New York Times | Verbatim

Article du New-York Times à la suite des tweets racistes de Donald Trump :

“In many ways, this is the most insidious kind of racial demagoguery,” said Douglas A. Blackmon, the author of “Slavery by Another Name,” a Pulitzer Prize-winning history of racial servitude in America between the Civil War and World War II. “The president has moved beyond invoking the obvious racial slanders of 50 years ago — clichés like black neighborhoods ‘on fire’ — and is now invoking the white supremacist mentality of the early 1900s, when anyone who looked ‘not white’ could be labeled as unwelcome in America.”

— À lire sur www.nytimes.com/2019/07/14/us/politics/trump-twitter-race.html

«Nous avons commencé avec nos ordinateurs sur le canapé !»

L’opération contre les immigrés clandestins lancée par le président américain à travers le pays est pour l’instant mise en échec, tandis que le mouvement de défense des migrants grossit.

Vendredi, plusieurs milliers de manifestants étaient réunis pendant trois heures à New York. Plus de 800 rassemblements similaires avaient lieu aux Etats-Unis et jusqu’en Europe et en Australie, à l’initiative de Lights for Liberty, un groupe de veillées de protestation créé à la mi-juin par des mères de famille new-yorkaises outrées par les conditions de détention des enfants à la frontière mexicaine. «Nous n’en revenons pas nous-mêmes, dit Meryl Ranzer, artiste et prof dans un institut de mode, cofondatrice du mouvement. Nous avons commencé avec nos ordinateurs sur le canapé !» Le mouvement ressemble étonnamment, par son ambiance spontanée, à un Occupy Wall Street voué à la défense humanitaire des immigrés.

— À lire sur www.liberation.fr/planete/2019/07/15/trump-le-coup-de-filet-anti-migrants-entrave-par-la-mobilisation-citoyenne_1740042

Justice pour Tsípras – Libération

Perdant 4% des suffrages par rapport à 2015, la presse généralement parle faussement de déroute pour Tsípras. Pour certains à gauche, il aurait “trahi”, Laurent Joffrin leur répond :

Héritant d’une situation calamiteuse, Tsípras, en fait, n’avait le choix qu’entre deux mauvaises solutions, avec ou sans l’Europe. Il a choisi la moins mauvaise à ses yeux. Etait-ce trahir que de faire la part du feu ? Ceux qui l’affirment doivent expliquer, pour convaincre, comment un pays en faillite, massivement endetté, peut éviter de passer par une phase d’austérité. On peut même avancer que ce qui est en cause, c’est l’irréalisme des promesses faites par la gauche radicale avant la victoire, qui se sont fracassées sur le mur des réalités, et non les décisions prises une fois au pouvoir, que Tsípras a courageusement décidé d’assumer, sachant qu’elles seraient par nature impopulaires et rendraient sa réélection difficile. Traître ou homme d’Etat ? Telle est la vraie question, et non l’éternel procès intenté depuis toujours par la gauche radicale à la gauche de gouvernement, au nom d’une politique en fait inexistante.

— À lire sur www.liberation.fr/politiques/2019/07/08/justice-pour-tsipras_1738709

La semaine où la droite a perdu ses derniers oripeaux | Le Monde

Pour les militants de Les Républicains (LR), Nicolas Sarkozy, « Sarko », était la dernière idole, celui qui, en 2007, avait réussi à faire vibrer toutes les cordes de son camp sur les décombres du chiraquisme. Mardi 18 juin (date des plus symboliques en France), le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel pour corruption faire boire à ces militants le calice jusqu’à la lie. Pour le plus grand profit d’Emmanuel Macron.

En effet, dans le même temps et à l’occasion d’un colloque organisé, les 20 et 21 juin, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’élection de Georges Pompidou, Emmanuel Macron captait son héritage. Depuis l’Elysée, le président rendait hommage au président des « trente glorieuses », voyant en lui l’incarnation d’« une modernité de conquête » capable de « penser à la fois vieille France et nouvelle France ».

Enfin, cette même semaine, Brigitte Macron prenait, grâce à Bernadette Chirac, la présidence de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France qui collecte les pièces jaunes au profit des enfants hospitalisés.

La boucle est-elle bouclée ? Pour Le Monde, la réponse est OUI.

Source : La semaine où la droite a perdu ses derniers oripeaux | Le Monde