Vu d’Allemagne. La nouveauté Macron, symptôme d’une France à bout de souffle | Courrier international

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, quasi inconnu il y a peu, n’aurait pas pu se produire dans un pays en bonne santé, juge la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Ce changement radical rappelle celui qui se déroule aux États-Unis.

« Il y a quelques années encore prévalait cette règle d’or : les démocraties vivaient du centre ; les fortes fluctuations à droite ou à gauche n’étaient pas de bon augure et aussi ne se produisaient-elles guère. Aujourd’hui, cette règle semble avoir disparu. La droite et la gauche sont des points cardinaux qui s’estompent en politique. En France, comme dans les autres démocraties occidentales, règnent le chic de la radicalité, le glamour du chef, la promesse du révolutionnaire. Dans le pire des cas, cette promesse vient sous la forme d’un Donald Trump ; dans le meilleur, elle porte le nom d’Emmanuel Macron.Oui, le président français a l’étoffe d’un chef populiste. Son ascension est extraordinaire. Il a créé un mouvement populaire en un rien de temps. Son arrivée à la présidence et son époustouflante victoire aux législatives ne tiennent qu’à sa personne. Et tout ce pouvoir accumulé si vite doit mettre la puce à l’oreille. Comment un jeune homme politique peut-il, quasiment du jour au lendemain, rassembler un pays derrière lui ? Un système politique qui fonctionne ne s’effondre pas ainsi. Pour saisir l’ampleur de la révolution française qui est en train de se dérouler sous Macron, imaginez un instant que la CDU [Union chrétienne-démocrate, centre droit] et le SPD [Parti social-démocrate, centre gauche] passent à la trappe en un seul cycle électoral. Il se pourrait que quelque chose ne tourne pas rond. »

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Source de l’image : Sur le cheval : “Syndicats”. Dessin de Tom, Pays-Bas.

Trump : Une «présidence Snapchat» ?

Depuis sa campagne, pendant la transition et probablement pendant sa présidence, Donald Trump rompt avec les codes habituels de la communication politique. Le blog "An 2000" de Vincent Glad nous propose differentes pistes d'analyse interessantes de son utilisation des médias sociaux.

La parole présidentielle n’est plus destinée à être fixée dans le marbre, mais se perd aussitôt dans le flux, une fois que la prochaine vague médiatique a déferlé. Le New York Times parle ainsi d’une «présidence Snapchat»: «[Les déclarations de Trump] devraient probablement être traitées moins comme des propos politiques et plus comme des Snaps. Ils existent pour attirer l’attention sur le moment, puis ils disparaissent».
Ce mode de prise de parole dans l’instantané du flux permet une autre caractéristique du trumpisme: le droit fondamental à la contradiction, puisque rien n’est jamais vraiment gravé. En ce sens, Trump, qui a bien compris comment fonctionne les réseaux sociaux (un contenu n’est pertinent que sur le moment, dans son contexte de publication) tue dans l’oeuf le fact-checking journalistique qui se borne à considérer que la parole politique est d’or et qu’elle ne peut être contredite ultérieurement.

Au final, l'article presente Trump comme étant lui-même un média :

Avec Trump, «le medium n’est pas seulement le message, c’est aussi le bureau», écrit joliment la Columbia Journalism Review. Le bureau d’un futur président des Etats-Unis.

Et il s'inspire, entouré de Steve Bannon, ancien rédacteur en chef de Breitbart.com, devenu chief strategist à ses côtés à la Maison-Blanche, de la stratégie mise au point par la Russie :

Les Russes ont Russia Today pour mener la guerre médiatique à l’international, Trump a son compte Twitter pour le seul champ de bataille qui l’intéresse: les Etats-Unis.

L'article en conclut qu'il reste maintenant à savoir si Trump pourra continuer à tweeter ainsi en étant à la Maison-Blanche. Il semble penser que oui.
Source : C'est quoi son PUTAIN DE DÉLIRE à Trump sur Twitter ?!!!!!!

Chambres fédérales : Cesla Amarelle mène le bal sur l'Europe | La Liberté (16.01.2016)

Deux jours après la désignation de Cesla Amarelle par le Parti socialiste vaudois, le journal La Liberté, dans son édition de ce lundi,consacré un article à la première année de législature des Chambres fédérales et s'interroge sur le glissement à droite du Parlement. Parmi les parlementaires fédéraux déterminants dans la construction d'alliance, Cesla Amarelle se distingue concernant le dossier de l'immigration.
L'introduction en première page du dossier :

Les partis bourgeois ont la majorité au parlement fédéral, mais restent divisés sur plusieurs dossiers
Un glissement à droite tout relatif
BILAN Les groupes UDC et PLR disposent de la majorité absolue au Conseil national, depuis les dernières élections du 18 octobre 2015. Qualifié de «séisme», ce basculement ne se reflète pourtant pas systématiquement dans l’élaboration des lois.
CLIVAGE L’examen de quatre dossiers importants – la fiscalité des entreprises, l’énergie, les retraites et l’immigration – tempère les réalités arithmétiques. Les partis bourgeois se retrouvent souvent opposés les uns aux autres, nouant des alliances avec la gauche.
PORTRAITS Des parlementaires jouent un rôle déterminant pour former des alliances entre partis. Cesla Amarelle, Konrad Graber, Jean-François Steiert et Jacques Bourgeois se sont ainsi distingués pour leur activisme sur ces quatre dossiers emblématiques.

L'encadré en page 3 : CESLA AMARELLE MÈNE LE BAL SUR L’EUROPE

En tant que rapporteuse de la Commission des institutions politiques, la socialiste vaudoise a mené les discussions du Conseil national sur la révision de la loi sur les étrangers qui a introduit une forme de préférence indigène «light». Tout au long des débats, elle a fait usage de ses compétences de professeure de droit pour se livrer à un cours de droit constitutionnel à l’intention de l’UDC qui critiquait cette forme de mise en oeuvre de son initiative contre l’immigration de masse. Son argument: les initiants n’ont pas le monopole de l’interprétation; il convient de se livrer à une approche d’ensemble de la Constitution tenant compte de la concordance entre les différents articles. CIM


Keystone
La preuve par l'acte de sa capacité à construire des compromis dynamiques avec la droite.
Source : La Liberte

Fisheye : jeux de pouvoir entre photographie et politique (no 22)

Le magazine photo Fisheye consacre son dernier numéro aux jeux de pouvoir entre photographie et politique. Un excellent magazine et un excellent dossier/numéro.

La présentation du numéro :

2017 sera une année politique intense, entre l’élection d’un nouveau président de la République en mai prochain et celle de l’Assemblée nationale en juin. Une belle occasion pour examiner les relations entre photographes et hommes politiques qui s’affrontent régulièrement sur les questions de pouvoir de l’image et de l’image du pouvoir. Les regards d’une douzaine d’auteurs nous ont servi de guides dans cette enquête et nous ont conduits dans des rédactions, print et web, et sur les réseaux sociaux. Une façon de décrypter comment, de l’information à la propagande, les images tentent de prendre le pouvoir sur nos consciences.

Consulter le sommaire et certaines pages de cet excellent numéro : https://issuu.com/fisheye-magazine/docs/fe22_issuu
Le site du magazine pour s’y abonner : https://www.fisheyemagazine.fr/en-kiosque/#sommaire

Peut-on répondre à la désinformation ? | InternetActu.net

Depuis l’élection de Trump, la question de la propagation de fausses informations semble révéler d’une véritable crise de confiance dans notre système médiatique et politique. Après avoir présenté les éléments de cette crise de confiance dans deux articles, Hubert Guillaud détaille les solutions concrètes envisagées. Un article des plus intéressants et instructifs à lire.

De partout, les esprits s’agitent pour tenter de trouver des réponses. Eli Pariser, celui qui a imaginé le concept de « bulles de filtres » tant mis en question ces dernières semaines, a ouvert un Google Doc pour recueillir des solutions. Le document fait désormais plus de 100 pages et Nicky Woolf, pour le Guardian, a tenté d’en faire la synthèse.

Des solutions… concrètes ?

Les solutions relèvent de trois grandes catégories synthétise-t-il : faire vérifier l’information par des éditeurs humains, avoir recours au crowdsourcing (c’est-à-dire à la foule des internautes pour classer le bon grain de l’ivraie en permettant à des gens d’avoir un statut de vérificateur par exemple), ou trouver des solutions techniques ou algorithmiques. L’article du Guardian liste une petite quinzaine de solutions, avec les arguments en leur faveur et en leur défaveur. Elles vont de la labellisation des médias ou des publications, à la séparation des informations de leur partage ou commentaire, en passant par l’ajout de marqueurs sur les fausses informations ou les articles qui posent problème, ou consiste encore à ajouter un temps d’attente avant tout partage pour diminuer la viralité de la propagation des informations. D’autres solutions proposent des partenariats avec des sites de vérifications d’information comme Snopes ou de lier des informations à leurs contre-informations. D’autres proposent d’ajouter un classement de réputation des gens selon ce qu’ils partagent. D’autres encore de labéliser les informations par des couleurs ou de bannir ceux qui publient de la désinformation. Autant de solutions qui ont toutes des avantages et des défauts, notamment et avant tout parce que la désinformation n’est pas toujours clairement établie. D’autres solutions proposent encore des solutions distribuées de fact-checking, comme de prendre en compte le classement de fiabilité des sites selon un système proche du Page Rank, l’algorithme de Google qui calcule la popularité d’une page web.
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Numéro spécial de Vigousse en faveur de la liberté de la presse : participation de La Tour-de-Peilz


Stéphane Babey, gauche, rédacteur en chef de Vigousse, et Gérard Tschopp, droite, Président de Reporters sans frontieres Suisse, posent pour l’édition spéciale. [Cyril Zingaro – Keystone]
Pour marquer les 25 ans en 2016 de Reporters sans frontières (RSF) Suisse, le magazine satirique Vigousse sort un numéro spécial, encarté dans le Matin Dimanche du 10 janvier.
“Il s’agit d’un projet assez particulier, unique à notre connaissance, entre Vigousse et RSF”, a déclaré Gérard Tschopp, président de RSF Suisse vendredi devant la presse à Lausanne. Il débouche sur un numéro spécial de l’hebdomadaire satirique.
L’organisation crée à cette occasion un fonds de soutien aux journalistes en danger.
A noter que sollicitée, ainsi que d’autres communes, la Municipalité de La Tour-de-Peilz a décidé l’année passée d’apporter un soutien financier symbolique à ce numéro spécial.
Source : Numéro spécial de Vigousse en faveur de la liberté de la presse – rts.ch – Suisse

Plongée en vidéo dans le coeur de la "jungle" des migrants à Calais

Alors que la “jungle” des migrants à Calais continue d’alimenter les débats en France, la RTS vous propose une immersion en vidéo au coeur de ce camp. Une initiative originale de la rts et du journaliste radio Nicoale Schiau qui s’est plongé dans le cadre de l’opération Exils.

En prenant une image toutes les 10 secondes, Nicoale Schiau nous permet de vivre “de l’intérieur” une journée complète des migrants qui s’y trouvent.
A consulter : http://www.exils.ch/

À lire : Lesley J. Wood : Mater la meute. La militarisation de la gestion policière des manifestations


La restructuration néolibérale des institutions économiques et politiques entraîne une militarisation progressive des forces policières et de leurs tactiques de maintien de l’ordre. Surveillance, infiltration, brigades spéciales, armes sublétales, arrestations préventives… en Amérique du Nord comme en Europe, il semble que tous les moyens soient bons pour neutraliser la contestation sociale.
Refusant de céder au schématisme habituel qui fait des forces de l’ordre un simple instrument des élites politiques, la sociologue Lesley J. Wood revient sur l’histoire récente de la police nord-américaine pour mettre au jour les dynamiques complexes qui la traversent. S’appuyant sur des sources directes, ainsi que sur les travaux de Bourdieu, Boltanski, Wacquant, et d’autres, elle étudie l’influence croissante du secteur privé – multinationales et consultants en sécurité –, de l’armée et des grandes associations professionnelles sur les pratiques policières et leur diffusion. Car mieux comprendre les raisons de l’escalade de la violence dans les réponses policières, c’est se donner les moyens, collectivement, de mieux y résister.
Lire un extrait : Contretemps

Hiroshima, 6 août 1945 : «A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute.»

- FILE PHOTO TAKEN 06AUG1945 - Japanese air raid workers carry a victim of the atomic bomb in Hiroshima away from smoking ruins in this August 6, 1945 file photo. August 6, 2005 marks the 60th anniversary of the dropping of the first atomic bomb, nicknamed "Little Boy". Three days later on August 9, 1945, the United States dropped a 10,000-pound plutonium 239 bomb, nicknamed "Fat Man", on Nagasaki. ? EDITORIAL USE ONLY - RTXNONG
Il est 8h15, le 6 août 1945 à Hiroshima lorsqu’à 600 mètres d’altitude explose une bombe de 4,5 tonnes, longue de 4,30 m et d’un diamètre de 76 cm. A l’éclair foudroyant succède une boule de feu d’un kilomètre de diamètre, puis une terrible onde de choc. En quelques secondes, une gigantesque colonne de fumée s’élève jusqu’à 12 000 mètres d’altitude. Au sol, une ville entière a cessé d’exister; 75 000 personnes meurent sur le coup, 50 000 autres disparaîtront dans les semaines suivantes.
Quand, le 8 août 1945, Albert Camus, dans un éditorial de Combat, constate qu’«il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques», il se fait, sans le savoir, l’écho de l’effroi du général américain Thomas Farrell, qui, sidéré par l’explosion du 16 juillet au Nouveau-Mexique, évoqua «un coup de tonnerre […] qui nous révéla que nous étions de petits êtres blasphémateurs qui avaient osé toucher aux forces jusqu’alors réservées au Tout-Puissant». Ce que Kenneth Bainbridge, directeur du test, avait commenté de façon nettement moins littéraire: «A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute.»
Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e9a532bc-3b96-11e5-9458-9f31f164eeae
Image : Des travailleurs japonais des raids aériens transportent une victime après l’explosion d’Hiroshima, le 6 août 1945. Archives via Reuters.
A lire :

Journal d’Hiroshima. De Michihiko Hachiya. Traduit par Simon Duran. Editions Tallandier, 2015.
Extrait :
 

 

2007-2012 : Accroissement de l'écart capital-travail en Suisse

Dans une de ses nouvelles du jour, RTS info titre «Les inégalités de salaire on un peu diminué en Suisse entre 2007 et 2012». Ce titre illustre la manière dont il est possible de masquer l’essentiel de l’information. Dans le cas présent, le fait que l’écart entre le capital et le travail s’est accru en Suisse entre 2007 et 2012.
Ainsi en lisant vraiment la nouvelle, on apprend que si le cinquième de la population la moins payée est passée de 1,6% à 1,5% des revenus soit une très très légère diminution, le cinquième le mieux rémunéré croit lui de 0.8% soit une évolution bien plus significative.
Plus significativement encore, dans cette fourchette-là, ce sont les détenteurs de capital, c’est-à-dire les rentiers ou les héritiers, qui touchent les «dividendes» de cette croissance au détriment des salariés ! En effet, la nouvelle indique également que

«Les millionnaires qui doivent leur prospérité à leur fortune sont nettement plus nombreux, approchant les 250’000, soit un gain de plus de 10% entre 2007 et 2011.»

L’article précise encore que

«Le nombre de millionnaires qui génèrent leur richesse via leur rémunération a reflué de 1,1% à 5701.»

Un titre plus juste consisterait à titrer : «L’écart capital-travail s’est accru en Suisse entre 2007 et 2012».
Pour finir, cerise sur le gâteau, il faut souligner également que «la classe moyenne a vu sa part du total baisser de 0,7 unité, alors que son taux dans la population ne reculait que de 0,3 point». Cependant, dans la mesure où les impôts sur la fortune sont bas en Suisse et non progressifs contrairement à l’impôt sur les revenus, la classe moyenne portera toujours plus le poids, en proportion, de l’effort fiscal. C’est un des autres effets de l’accroissement de l’écart entre les revenus du capital et ceux du travail !
Nous vivons vraiment dans le «Meilleur des Mondes».
La source de l’info : http://www.rts.ch/info/economie/6981526-les-inegalites-de-salaires-ont-un-peu-diminue-en-suisse-entre-2007-et-2012.html?rts_source=rss_t