Fisheye : jeux de pouvoir entre photographie et politique (no 22)

Le magazine photo Fisheye consacre son dernier numéro aux jeux de pouvoir entre photographie et politique. Un excellent magazine et un excellent dossier/numéro.

La présentation du numéro :

2017 sera une année politique intense, entre l’élection d’un nouveau président de la République en mai prochain et celle de l’Assemblée nationale en juin. Une belle occasion pour examiner les relations entre photographes et hommes politiques qui s’affrontent régulièrement sur les questions de pouvoir de l’image et de l’image du pouvoir. Les regards d’une douzaine d’auteurs nous ont servi de guides dans cette enquête et nous ont conduits dans des rédactions, print et web, et sur les réseaux sociaux. Une façon de décrypter comment, de l’information à la propagande, les images tentent de prendre le pouvoir sur nos consciences.

Consulter le sommaire et certaines pages de cet excellent numéro : https://issuu.com/fisheye-magazine/docs/fe22_issuu
Le site du magazine pour s’y abonner : https://www.fisheyemagazine.fr/en-kiosque/#sommaire

Peut-on répondre à la désinformation ? | InternetActu.net

Depuis l’élection de Trump, la question de la propagation de fausses informations semble révéler d’une véritable crise de confiance dans notre système médiatique et politique. Après avoir présenté les éléments de cette crise de confiance dans deux articles, Hubert Guillaud détaille les solutions concrètes envisagées. Un article des plus intéressants et instructifs à lire.

De partout, les esprits s’agitent pour tenter de trouver des réponses. Eli Pariser, celui qui a imaginé le concept de « bulles de filtres » tant mis en question ces dernières semaines, a ouvert un Google Doc pour recueillir des solutions. Le document fait désormais plus de 100 pages et Nicky Woolf, pour le Guardian, a tenté d’en faire la synthèse.

Des solutions… concrètes ?

Les solutions relèvent de trois grandes catégories synthétise-t-il : faire vérifier l’information par des éditeurs humains, avoir recours au crowdsourcing (c’est-à-dire à la foule des internautes pour classer le bon grain de l’ivraie en permettant à des gens d’avoir un statut de vérificateur par exemple), ou trouver des solutions techniques ou algorithmiques. L’article du Guardian liste une petite quinzaine de solutions, avec les arguments en leur faveur et en leur défaveur. Elles vont de la labellisation des médias ou des publications, à la séparation des informations de leur partage ou commentaire, en passant par l’ajout de marqueurs sur les fausses informations ou les articles qui posent problème, ou consiste encore à ajouter un temps d’attente avant tout partage pour diminuer la viralité de la propagation des informations. D’autres solutions proposent des partenariats avec des sites de vérifications d’information comme Snopes ou de lier des informations à leurs contre-informations. D’autres proposent d’ajouter un classement de réputation des gens selon ce qu’ils partagent. D’autres encore de labéliser les informations par des couleurs ou de bannir ceux qui publient de la désinformation. Autant de solutions qui ont toutes des avantages et des défauts, notamment et avant tout parce que la désinformation n’est pas toujours clairement établie. D’autres solutions proposent encore des solutions distribuées de fact-checking, comme de prendre en compte le classement de fiabilité des sites selon un système proche du Page Rank, l’algorithme de Google qui calcule la popularité d’une page web.
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Numéro spécial de Vigousse en faveur de la liberté de la presse : participation de La Tour-de-Peilz


Stéphane Babey, gauche, rédacteur en chef de Vigousse, et Gérard Tschopp, droite, Président de Reporters sans frontieres Suisse, posent pour l’édition spéciale. [Cyril Zingaro – Keystone]
Pour marquer les 25 ans en 2016 de Reporters sans frontières (RSF) Suisse, le magazine satirique Vigousse sort un numéro spécial, encarté dans le Matin Dimanche du 10 janvier.
“Il s’agit d’un projet assez particulier, unique à notre connaissance, entre Vigousse et RSF”, a déclaré Gérard Tschopp, président de RSF Suisse vendredi devant la presse à Lausanne. Il débouche sur un numéro spécial de l’hebdomadaire satirique.
L’organisation crée à cette occasion un fonds de soutien aux journalistes en danger.
A noter que sollicitée, ainsi que d’autres communes, la Municipalité de La Tour-de-Peilz a décidé l’année passée d’apporter un soutien financier symbolique à ce numéro spécial.
Source : Numéro spécial de Vigousse en faveur de la liberté de la presse – rts.ch – Suisse

Plongée en vidéo dans le coeur de la "jungle" des migrants à Calais

Alors que la “jungle” des migrants à Calais continue d’alimenter les débats en France, la RTS vous propose une immersion en vidéo au coeur de ce camp. Une initiative originale de la rts et du journaliste radio Nicoale Schiau qui s’est plongé dans le cadre de l’opération Exils.

En prenant une image toutes les 10 secondes, Nicoale Schiau nous permet de vivre “de l’intérieur” une journée complète des migrants qui s’y trouvent.
A consulter : http://www.exils.ch/

À lire : Lesley J. Wood : Mater la meute. La militarisation de la gestion policière des manifestations


La restructuration néolibérale des institutions économiques et politiques entraîne une militarisation progressive des forces policières et de leurs tactiques de maintien de l’ordre. Surveillance, infiltration, brigades spéciales, armes sublétales, arrestations préventives… en Amérique du Nord comme en Europe, il semble que tous les moyens soient bons pour neutraliser la contestation sociale.
Refusant de céder au schématisme habituel qui fait des forces de l’ordre un simple instrument des élites politiques, la sociologue Lesley J. Wood revient sur l’histoire récente de la police nord-américaine pour mettre au jour les dynamiques complexes qui la traversent. S’appuyant sur des sources directes, ainsi que sur les travaux de Bourdieu, Boltanski, Wacquant, et d’autres, elle étudie l’influence croissante du secteur privé – multinationales et consultants en sécurité –, de l’armée et des grandes associations professionnelles sur les pratiques policières et leur diffusion. Car mieux comprendre les raisons de l’escalade de la violence dans les réponses policières, c’est se donner les moyens, collectivement, de mieux y résister.
Lire un extrait : Contretemps

Hiroshima, 6 août 1945 : «A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute.»

- FILE PHOTO TAKEN 06AUG1945 - Japanese air raid workers carry a victim of the atomic bomb in Hiroshima away from smoking ruins in this August 6, 1945 file photo. August 6, 2005 marks the 60th anniversary of the dropping of the first atomic bomb, nicknamed "Little Boy". Three days later on August 9, 1945, the United States dropped a 10,000-pound plutonium 239 bomb, nicknamed "Fat Man", on Nagasaki. ? EDITORIAL USE ONLY - RTXNONG
Il est 8h15, le 6 août 1945 à Hiroshima lorsqu’à 600 mètres d’altitude explose une bombe de 4,5 tonnes, longue de 4,30 m et d’un diamètre de 76 cm. A l’éclair foudroyant succède une boule de feu d’un kilomètre de diamètre, puis une terrible onde de choc. En quelques secondes, une gigantesque colonne de fumée s’élève jusqu’à 12 000 mètres d’altitude. Au sol, une ville entière a cessé d’exister; 75 000 personnes meurent sur le coup, 50 000 autres disparaîtront dans les semaines suivantes.
Quand, le 8 août 1945, Albert Camus, dans un éditorial de Combat, constate qu’«il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques», il se fait, sans le savoir, l’écho de l’effroi du général américain Thomas Farrell, qui, sidéré par l’explosion du 16 juillet au Nouveau-Mexique, évoqua «un coup de tonnerre […] qui nous révéla que nous étions de petits êtres blasphémateurs qui avaient osé toucher aux forces jusqu’alors réservées au Tout-Puissant». Ce que Kenneth Bainbridge, directeur du test, avait commenté de façon nettement moins littéraire: «A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute.»
Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e9a532bc-3b96-11e5-9458-9f31f164eeae
Image : Des travailleurs japonais des raids aériens transportent une victime après l’explosion d’Hiroshima, le 6 août 1945. Archives via Reuters.
A lire :

Journal d’Hiroshima. De Michihiko Hachiya. Traduit par Simon Duran. Editions Tallandier, 2015.
Extrait :
 

 

2007-2012 : Accroissement de l'écart capital-travail en Suisse

Dans une de ses nouvelles du jour, RTS info titre «Les inégalités de salaire on un peu diminué en Suisse entre 2007 et 2012». Ce titre illustre la manière dont il est possible de masquer l’essentiel de l’information. Dans le cas présent, le fait que l’écart entre le capital et le travail s’est accru en Suisse entre 2007 et 2012.
Ainsi en lisant vraiment la nouvelle, on apprend que si le cinquième de la population la moins payée est passée de 1,6% à 1,5% des revenus soit une très très légère diminution, le cinquième le mieux rémunéré croit lui de 0.8% soit une évolution bien plus significative.
Plus significativement encore, dans cette fourchette-là, ce sont les détenteurs de capital, c’est-à-dire les rentiers ou les héritiers, qui touchent les «dividendes» de cette croissance au détriment des salariés ! En effet, la nouvelle indique également que

«Les millionnaires qui doivent leur prospérité à leur fortune sont nettement plus nombreux, approchant les 250’000, soit un gain de plus de 10% entre 2007 et 2011.»

L’article précise encore que

«Le nombre de millionnaires qui génèrent leur richesse via leur rémunération a reflué de 1,1% à 5701.»

Un titre plus juste consisterait à titrer : «L’écart capital-travail s’est accru en Suisse entre 2007 et 2012».
Pour finir, cerise sur le gâteau, il faut souligner également que «la classe moyenne a vu sa part du total baisser de 0,7 unité, alors que son taux dans la population ne reculait que de 0,3 point». Cependant, dans la mesure où les impôts sur la fortune sont bas en Suisse et non progressifs contrairement à l’impôt sur les revenus, la classe moyenne portera toujours plus le poids, en proportion, de l’effort fiscal. C’est un des autres effets de l’accroissement de l’écart entre les revenus du capital et ceux du travail !
Nous vivons vraiment dans le «Meilleur des Mondes».
La source de l’info : http://www.rts.ch/info/economie/6981526-les-inegalites-de-salaires-ont-un-peu-diminue-en-suisse-entre-2007-et-2012.html?rts_source=rss_t

Lecture : L'Allemagne, le nouveau problème de l'Europe

Pour Mediapart, l’intransigeance dogmatique et la brutalité inédite de l’Allemagne envers le gouvernement grec marquent une rupture historique dans le projet européen.

Le grand naufrage européen lié à la crise grecque a produit une révélation. Et cette révélation est largement due au premier ministre grec Alexis Tsipras comme à son ancien ministre des finances Yanis Varoufakis. En remettant, l’un et l’autre, des enjeux clairement politiques au cœur de la technocratie bruxelloise, en jouant la transparence et en brisant les scandaleux huis clos des réunions de l’Eurogroupe, les responsables grecs ont fait surgir au grand jour un inquiétant et nouveau problème : le cas allemand.
L’intransigeance obstinée de l’Allemagne tout au long de cette crise, son entêtement dogmatique à bouter hors de l’euro la Grèce sont désormais compréhensibles par tous. Là où quelques observateurs, experts et politiques en étaient persuadés de longue date, ce sont désormais toutes les opinions publiques européennes qui ont sous les yeux cette nouvelle Allemagne. C’est une donnée politique radicalement neuve. Fort de son statut de première puissance économique de la zone euro, l’Allemagne revendique désormais d’en fixer les règles du jeu et d’imposer, comme l’écrit Varoufakis, « son modèle d’Eurozone disciplinaire » (lire ici le texte de l’ancien ministre grec).

Le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem (de dos) et le Grec Yanis Varoufakis, en février à Athènes.
Le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem (de dos) et le Grec Yanis Varoufakis, en février à Athènes. © Reuters.

L’article : http://www.mediapart.fr/journal/international/120715/lallemagne-le-nouveau-probleme-de-leurope

Deux Nobel d’économie au secours de Tsípras | Libération

Le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, devant le Parlement, le 16 juin. (Photo Louisa Gouliamaki. AFP)
Le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, devant le Parlement, le 16 juin. (Photo Louisa Gouliamaki. AFP)

VU SUR LE WEB. Contre la majorité des économistes classiques, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, chacun de leur côté, prennent la défense du Premier ministre grec qui a choisi de procéder à un référendum. Extrait.

«Si un «oui» signifierait une dépression presque sans fin, peut-être un pays appauvri, un «non ouvrirait au moins la possibilité» au pays, «avec sa forte tradition démocratique, de saisir son destin dans ses propres mains», explique Stiglitz. Les Grecs pourraient gagner «la possibilité de se forger un avenir, peut-être pas aussi prospère que par le passé, mais qui serait bien plus rempli d’espoir que la torture déraisonnable du présent». L’ex-économiste en chef de la Banque mondiale l’a toujours martelé : l’austérité conduit au désastre. Aucune économie n’est jamais revenue à la prospérité avec des mesures de rigueur excessives. Et le plan des institutions du FMI, de la BCE et de l’UE pour sortir la Grèce de la crise n’est rien d’autre qu’un nouveau passeport pour renouer avec la Grande Dépression des années 30.»

Source : Deux Nobel d’économie au secours de Tsípras – Libération

Humour noir : Tsipras est un voyou communiste | Causeur


On a beau s’y attendre, cela pique toujours un peu les yeux: le traitement de l’affaire grecque par la presse de ce week-end relève dans son immense majorité du parti-pris le plus éhonté. Illustration de la part de Causeur. Morceaux choisis.

«De même, il a paru au JDD  utile de s’indigner du passé de Tsipras mais bizarrement il ne s’est pas intéressé au passé des autres protagonistes de cette histoire : pourquoi ne pas signaler par exemple, par souci d’équité, que Mme Lagarde, présidente du FMI qui brigue un deuxième mandat, est mise en examen depuis août 2014 dans l’affaire de l’arbitrage entre Tapie et le Crédit Lyonnais alors qu’elle était ministre des Finances, pourquoi ne pas rappeler que Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne, est l’ancien Premier ministre du Luxembourg qui a fermé les yeux sur le paradis fiscal qu’était son pays  et connaissait forcément les accords fiscaux secrets entre le Luxembourg et 340 multinationales – dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi ou Axa – passés entre 2002 et 2010 comme l’ont révélé près de quarante médias internationaux.
[…] Quant à Mario Draghi, président de la BCE, pourquoi le JDD ne rappelle-t-il pas aussi que c’est un ancien de chez Goldman Sachs, vous savez, la banque à l’origine de la crise des  subprimes de 2008 et surtout, pour ce qui nous intéresse, la banque qui conseilla à la Grèce l’utilisation de produits financiers dérivés pour masquer ses déficits. Bref, aujourd’hui, quand nos chers médias reprennent complaisamment l’image d’une Grèce shootée aux emprunts comme la dernière des droguées, pourquoi ne précise-t-on pas, à l’occasion, que c’est son ancien dealer qui est chargé de la cure de désintox ?»

Mais qu’avait donc fait Tsipras, ce rouge sectaire et premier ministre grec, pour mériter une telle haine froide de la part de nos médias ?

«Tsipras a juste dit qu’il allait soumettre à referendum les propositions des « Européens » […].  C’est affreux, un communiste qui demande au peuple son avis !»

Comme le dit Causeur, on va finir «par croire que l’« Europe » veut surtout faire un exemple, parce qu’il s’agit d’un gouvernement de gauche et qu’il faut montrer aux autres (Podemos, par exemple) ce qui arrive quand on ne courbe plus assez l’échine…»
A lire : Tsipras est un voyou communiste | Causeur