Bob Woodward : Je crois en notre pays. Et parce que vous êtes notre président, je vous souhaite bonne chance

Bob Woodward, respecté journaliste y compris par Trump qui l’avait loué relativement à son livre précédent consacré aux guerres de Barack Obama, sort le 11 septembre prochain un livre sur la présidence de Trump. Il est intitulé Fear: Trump in the White House. (Peur : Trump à la Maison Blanche).
Il faut noter que Bob Woodward a réalisé cet exercice avec plusieurs présidents américains tant républicains que démocrates sans jamais les ménager. Il en a été ainsi avec son livre paru en 2011 sur les guerres de Barack Obama.
Avant la parution de cet ouvrage, Donald Trump a téléphoné à Bob Woodward pour tenter d’infléchir le journaliste. Bob Woodward, avec l’accord du président, a enregistré cet entretien que le Washington Post a publié sur son site. Je vous invite à le consulter notamment pour l’attitude à la fois ferme et éminemment respecteuse avec laquelle Bob Woodward s’adresse à Donald Trump. C’est tout simplement remarquable :
https://www.washingtonpost.com/video/politics/exclusive-listen-to-trumps-conversation-with-bob-woodward/2018/09/04/6de5355c-b053-11e8-8b53-50116768e499_video.html?utm_term=.fecdb76522e9
Remarquable jusqu’à la prise de congé finale :

  • Donald Trump : Ce qui est juste c’est que personne n’a fait un meilleur travail que moi en tant que président.
  • Bob Woodward : Je crois en notre pays. Et parce que vous êtes notre président, je vous souhaite bonne chance.

L’entrée en matière où Bob Woodward demande l’autorisation à Donald Trump d’enregistrer la conversation démontre aussi le très grand professionnalisme du journaliste et aussi la fiabilité de son travail.

Une loi qui dit la vérité sur Israël – Bon pour la tête

La nouvelle loi adoptée à une courte majorité par le Parlement israélien le 18 juillet est «d’une portée historique» selon le Premier ministre Netanyahou. Elle réduit encore les droits des Arabes établis dans le pays (un cinquième de la population) et renforce l’appui aux colonies en Cisjordanie occupée. Des protestations internationales s’élèvent. Mollement. Mais c’est en Israël même que ce texte suscite les plus vives réactions. Avec infosperber, Bon pour la tête a publié l’article du grand journaliste Gideon Levy, de Haaretz. Extrait.

La Knesset s’apprête à promulguer l’une de ses lois les plus importantes, et la plus en phase avec la réalité. La loi de l’Etat-nation précisera le terme vague de nationalisme israélien, ainsi que la nature du sionisme actuel. Elle va également mettre fin à la vaste plaisanterie qui voudrait qu’Israël soit «juif et démocratique». Une combinaison qui n’a jamais existé et ne l’aurait jamais pu, à cause de la contradiction entre les deux valeurs qui ne peuvent être liées sans mentir.
Si l’Etat est juif, il ne peut pas être démocratique, puisqu’il ne considère pas l’égalité des droits entre les citoyens. S’il est démocratique, il ne peut pas être juif, puisqu’une vraie démocratie ne peut pas prévoir des privilèges basés sur l’appartenance ethnique. Du coup, la Knesset a tranché: Israël est juif. Israël s’autoproclame Etat-nation du peuple juif – pas l’Etat de ses citoyens, ni l’Etat des deux peuples qui y vivent – et a, de fait, cessé d’être une démocratie égalitaire, pas seulement en pratique, mais également en théorie. C’est pourquoi cette loi est si importante. Il s’agit d’une loi sincère.
Le tumulte qui s’est élevé autour du projet de loi avait pour but d’entretenir la politique d’ambiguïté nationale. Le président et le procureur général, prétendus gardiens de la décence, ont protesté et ont reçu le soutien des libéraux. Le Président s’est écrié que cette loi représenterait «une arme dans la main des ennemis d’Israël» et le procureur général a mis en garde contre ses «répercutions internationales» (…)
Leur opposition était basée surtout sur la crainte de voir Israël ridiculisé aux yeux du monde. Cependant, le président Reuven Rivlin s’est élevé d’une voix forte et courageuse contre la clause qui autorise  désormais les communes à examiner les résidents et leur attitude à l’égard du régime avant d’autoriser leur admission. Mais la plupart des libéraux étaient simplement horrifiés à l’idée de voir la réalité explicitement formulée dans la loi.

Gideon Levy, né en 1953 à Tel-Aviv, est un journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz.
Source et lire la suite : Une loi qui dit la vérité sur Israël – Bon pour la tête

Une poursuite menace le fonctionnement de la National Rifle Association | ICI.Radio-Canada.ca

Voilà une nouvelle estivale réjouissante! Et félicitations au gouverneur Andrew Cuomo pour son initiative.

La National Rifle Association (NRA), le lobby américain des armes à feu, dit être aux prises avec de graves problèmes financiers qui menacent la capacité du groupe à défendre les intérêts de ses membres à la suite de gestes posés par le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, et les agences de réglementation de l’État.
Dans une version amendée d’une poursuite fédérale intentée en mai, la NRA affirme avoir perdu ses services d’assurance en raison des démarches effectuées par l’État de New York auprès des entreprises soutenant un programme d’assurance propre à la NRA intitulé Carry Guard.
Cette police d’assurance vise à rembourser les coûts juridiques que doivent payer les membres de la NRA après avoir utilisé une arme possédée légalement.
En mai, l’État de New York a jugé que Carry Guard « offrait illégalement une protection juridique aux propriétaires d’armes à feu pour des méfaits commis intentionnellement ».
Les assureurs travaillant en partenariat avec la NRA ont par la suite accepté de cesser d’offrir cette police et ont dû payer une amende de 7 millions de dollars américains.

Source : Une poursuite menace le fonctionnement de la National Rifle Association | ICI.Radio-Canada.ca

Sommet Trump-Kim : Quel avenir pour l’économie nord-coréenne en cas de dénucléarisation ?

Alors que Donald Trump tourne le dos aux alliés européens traditionnels et au Japon des Etats-Unis, le sommet de Singapour confirme probablement le virage chinois et asiatique de la politique commerciale américaine. Comme l’indique David Frum, ancienne plume de G. W. Bush dans un éditorial pour le magazine The Atlantic, si le président « brutalise ses alliés et amis traditionnels, il s’aplatit devant les adversaires et les dictateurs ». Les perspectives économiques offertes par la croissance nord-coréenne offrent un début d’explication à ce revirement. La puissance de l’économie chinoise également. Il s’agirait bien là d’un redéploiement américain en direction de l’Asie du Nord-Est.
Dans son édition matinale, le Courrier international permet de dresser les contours de enjeux économique du sommet de Singapour à travers la presse chinoise, sud-coréenne et japonaise.
Ainsi, la Corée du Nord est moteur pour la croissance de l’Asie du Nord-Est. Elle s’est d’ores et déjà engagée dans une transformation de son économie planifiée, s’inspirant des exemples de la Chine ou du Vietnam, vers une économie de marché, affirme un expert chinois dans une analyse publiée par le quotidien Huanqiu Shibao.
D’ores et déjà, la Corée du Nord présente la plus forte croissance de l’Asie du Nord-Est. La croissance de la Corée du Nord a été de 3,9 % en 2016, selon le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun, soit quatre fois plus qu’au Japon. La même année, les échanges commerciaux avec la Chine, son premier partenaire commercial, étaient chiffrés à 6,056 milliards de dollars, devant la Russie, en deuxième position, à 769 millions, et l’Inde, 589 (Nihon Keizai Shimbun).
Reste à savoir qui paiera la facture de la dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne. Fidèle à son habitude, Donald Trump compte faire payer la facture aux autres. Ici, la Corée du Sud et la Chine. Il rencontrera probablement plus de succès ici qu’avec son mur avec le Mexique.
Source : Réveil Courrier: Sommet Trump-Kim Quel avenir pour l’économie nord-coréenne en cas de dénucléarisation ?

Russie – Chine ou Chine – Russie : le nouvel ordre (économique) mondial ?

C’est la question que l’on peut se poser après le fiasco du dernier G7…
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Vladimir Poutine et Xi Jinping jouent l’unité face au “babillage” du G7 [Sergei Guneyev, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP – Keystone]

Alors que le sommet du G7 a été torpillé par Donald Trump à la toute fin de la réunion, les dirigeants russe et chinois Vladimir Poutine et Xi Jinping ont eux affiché dimanche leur unité et loué l’expansion de leur bloc asiatique.

Source : Vladimir Poutine et Xi Jinping jouent l’unité face au “babillage” du G7 – rts.ch – Monde
Cette photo de Valdimir Poutine et Xi Jinping contraste largement avec celle qui restera probablement la photo du sommet du G7 à Charlevoix :

Photo prise le deuxième jour du sommet des G-7 meeting à Charlevoix, Canada.(Steffen Seibert/Ministère allemand de l’information).
Comme l’indique le Washington Post :

« Il y a eu des centaines, sinon des milliers, de photos prises au sommet du Groupe des Sept à Québec ce week-end, un rassemblement de deux jours de dirigeants d’États membres pour discuter de tout, des changements climatiques à la politique commerciale internationale.

Mais l’une d’entre elle en particulier s’est distinguée après sa publication samedi et a ricoché autour d’Internet pour sa composition surréaliste.
Sur la photo, la chancelière allemande Angela Merkel se tient derrière une longue et étroite table, les deux mains pressées fermement dans sa surface au sommet de certains documents qui sont inclinés dans tous les sens. Avec une expression aussi neutre que possible, elle regarde directement le président Trump, qui est assis de l’autre côté de la ligne de partage. »(Traduit avec www.DeepL.com/Translator)

Source : The G-7 summit, summed up in one photo | Washington Post

Sur l’interprétation de l’attitude de Donald Trump, l’avis de Damian Paletta et Anne Gearan, toujours du Washington Post :

« Il n’a pas reculé, ni émoussé ses critiques, et malgré les références aux prénoms “Angela” et “Justin”, Trump a peu fait pour masquer sa méfiance à l’égard du modèle international de consensus sur les affaires mondiales que représente le G-7.
… Trump s’était plaint aux assistants avant la réunion qu’il ne voulait pas assister aux conférences des autres leaders, et il a réfléchi à l’idée d’envoyer le vice-président Pence à sa place.
Il est arrivé à la réunion en retard et est parti tôt, tenant une conférence de presse en solo le samedi matin où il a donné l’ultimatum commercial et a dit que la taille de l’économie américaine signifie que les autres nations ne peuvent pas gagner une guerre commerciale. » (Traduit avec www.DeepL.com/Translator)

Source : Trump removes U.S. from G-7 joint statement over escalating feud with Canada’s Trudeau | Washington Post
Plus largement que la posture photographique de Donald Trump, l’analyse sur le fiasco de la conférence par Jennifer Rubin, chroniqueuse du Washington Post apportant une perspective de centre-droite (titre de son blog : Right Turn) :

« Après le comportement atroce et irrationnel du président Trump qui a conduit au sommet du Groupe des Sept, la désintégration de l’ordre mondial libéral en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la possibilité d’une grave crise internationale ne semblent plus difficiles à imaginer. Le président, insensible à l’histoire, ignorant des faits et guidé par des flagorneurs, n’a pas été forcé de s’attaquer au monde réel ni d’entendre des points de vue qui ne coïncident pas avec sa vision du monde tordue, dans laquelle les alliés nous arnaquent et les hommes forts agressifs doivent être admirés et accommodés. » (Traduit avec www.DeepL.com/Translator)

Source : After Trump’s G-7 summit fiasco, be afraid | Washington Post
Pour Jennifer Rubin,

« Trump a démontré une fois de plus qu’il est erratique et indigne de confiance – avec ses propres alliés ! Le contraste entre sa relation antagoniste avec les alliés démocratiques et le fait qu’il n’a jamais dit un seul mauvais mot à propos de la Russie défie toute explication, à moins que l’on accepte la théorie selon laquelle il est endetté d’une manière ou d’une autre envers le président russe Vladimir Poutine, dont la campagne pour interférer dans les élections américaines a aidé à faire atterrir Trump à la Maison-Blanche. » (Traduit avec www.DeepL.com/Translator)

De toutes les façons possibles, il n’y a pas de raison de se réjouir pour l’Europe et le Japon. Et la photo de ce sommet symbolisera peut-être la fin de l’ordre mondial établit après deux guerres mondiales.

Trump et l’art de négocier | Radio-Canada.ca

Les 16 premiers mois de sa présidence à la Maison-Blanche n’ont pas mis en évidence les talents de négociateur de Donald Trump. Par contre, l’art de défaire, il sait le faire pour Radio-Canada.

« Trump a été incapable de négocier avec le Congrès l’abolition et le remplacement d’Obamacare. Impossible aussi, pour lui, de convaincre le Mexique de payer son mur à la frontière. Et il n’a toujours pas pu conclure une entente pour le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
Faute d’en arriver à des ententes, Donald Trump a démontré qu’il sait comment les défaire. Il a sorti les États-Unis des accords de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique, de l’accord avec l’Iran sur le nucléaire et de l’entente transpacifique sur le libre-échange. »

Source : Trump et l’art de négocier | Donald Trump, président des États-Unis | ICI.Radio-Canada.ca

L’équipage misérable de #Trump n’a jamais été aussi desepéré | The Washington Post

Cette semaine a permis de comprendre à quel point Trump et ses courtisans sont devenus désespérés dans leur défense d’une administration indéfendable. Le président a fait la promotion d’une émission de Fox News sur Twitter qui mettait en vedette un flot continu de flagorneurs qui calomniaient Robert S. Muller III.
Mueller, qui a dirigé un peloton de fusiliers marins au Vietnam, s’est vu décerner une étoile de bronze, deux citations de la Marine, un Purple Heart et la Croix vietnamienne de bravoure. Après avoir reçu une balle dans la jambe, le jeune diplômé de Princeton a continué à mener ses troupes au combat. Plus tard, il a continué son service au Vietnam, même après qu’on lui ait donné l’occasion de rentrer chez lui.
Une telle bravoure et un tel dévouement envers les États-Unis n’auraient jamais pu être démontrés sur le champ de bataille par l’équipage misérable qui s’est aligné pour attaquer le conseiller spécial.

Source : Trump’s miserable crew has never been so desperate – The Washington Post

La vie rêvée des sociétés

Dans un livre paru en 2010 et traduit récemment en français sous le titre Utopies réelles, Erik Olin Wright, tente de redéfinir la question du changement social au XXIe siècle. Son projet vise à réarmer scientifiquement la critique après l’échec du socialisme réel et d’apporter une réponse à la chute du mur de Berlin, fruit de 20 ans de réflexions muries depuis le camp du post-marxisme et du marxisme analytique.
Aux yeux de Wright, une condition essentielle du changement social est la construction, ici et maintenant, d’utopies en acte qui, en donnant à voir leur efficacité, contribuent à réarmer le camp des radicaux, trop souvent déprimés par l’échec de leurs mobilisations.
La vie des idées en propose un compte-rendu fort intéressant. Ce dernier s’intéresse notamment aux pages consacrées par Wright à l’analyse des conditions sociales de réussite de 4 utopies qui lui paraissent particulièrement prometteuses : Wikipedia, le budget participatif de Porto Alegre, le revenu universel et les coopératives de travailleurs (et en particulier la plus célèbre d’entre elles, celle de Mondragon au Pays basque). Il voit dans ces expériences le ferment d’un autre modèle économique et social, où les principales décisions sont prises collectivement plutôt que par le marché à des fins d’accroissement de la rentabilité. Wright veut en effet inverser la tendance d’un contrôle de l’économie sur les principales décisions politiques et sociales, la société pouvant regagner du pouvoir via ces différents mécanismes. Ces dispositifs de renforcement du pouvoir d’agir social représentent pour Wright une forme radicale d’empowerment [Voir Carole Biewener, Marie-Hélène Bacqué, L’empowerment. Une pratique émancipatrice, Paris, La Découverte, 2013.]. Tout l’enjeu des développements qu’il consacre à ces expériences est de déterminer si celles-ci sont désirables, viables et faisables.
Le compte-rendu : La vie rêvée des sociétés | La vie des idées.
L’ouvrage : Erik Olin Wright, Utopies réelles, trad. V. Farnea et J. A. Peschanski, Paris, La Découverte, 2017, 624 p., 28 €.

D. Trump président de l’ère de la TV réalité

Christophe Lachnitt est un spécialiste de la communication. Il est également passionné par les Etats-Unis, les nouvelles technologies et la politique. Son blog Superception couvre trois univers : la communication, le marketing et le management. Dans un billet daté de février 2017, il revenait sur sa conviction, formulée au lendemain de l’élection du miliardaire, que le moteur de la communication de D. Trump était la télé-réalité. Le drame de Charlottesville l’amène à réévaluer cette stratégie de communication, ses limites révélées et la résilience démocratique de la Société américaine face au Président.

Dans son billet, Le vrai moteur de la communication de Donald Trump n’est pas Twitter, après avoir rappelé ce qu’il avait écrit au lendemant de l’élection du miliardaire.

De même que Franklin D. Roosevelt avait été le candidat de la radio, John F. Kennedy celui de la télévision et Barack Obama celui des réseaux sociaux, Donald Trump a été le candidat de la télé-réalité dont il maîtrise et exploite les codes narratifs.

Il présentait en quoi la télé-réalité se distingue de la télévision traditionnelle en pervertissant quatre de ses fondamentaux.

Elle dénature :

  1. Le besoin de divertissement en addiction au voyeurisme.
  2. La présentation de la complexité de la nature humaine en réduction de chaque individu à un ou deux stéréotypes simplistes.
  3. Le goût du public pour la compétition en encouragement à la violence symbolique et glorification des “méchants”.
  4. Les téléspectateurs en télé-acteurs ayant parfois droit de vie ou de mort médiatique, par leurs votes, sur les participants à ces émissions.

Après avoir développé les quatre points, Christophe Lachnitt expliquait pourquoi cette stratégie est parfaitement adaptée à la dissolution du paysage médiatique et la cristallisation de la défiance démocratique dont souffre aujourd’hui l’Amérique.

Si le constat sur la désintermédiation associée au premier phénomène est bien connu, le “Trust Barometer” annuel récemment publié par Edelman révèle des données alarmantes sur le second :

  • une minorité d’Américains font confiance au gouvernement (37%) et aux médias (35%) ;
  • une majorité d’Américains (57%) estiment que le système politique et économique ne fonctionne pas ;
  • Trump a remporté la majorité des suffrages des Américains dont les inquiétudes et déceptions s’expriment désormais par un sentiment de peur.

Après le drame de Charlottesville, Christophe Lachnitt est revenu sur la stratégie de D. Trump (Face à Donald Trump, la Société américaine teste sa résilience démocratique). Pour lui, jusque-là sa stratégie « avait relativement réussi, au sens où les médias d’information sérieux n’avaient pas révélé la vraie nature du candidat puis Président républicain malgré ses dérapages à répétition. »
Il ajoute en outre que les médias étaient enfermés dans un triple piège. Le premier est «celui de leur propre déontologie et d’une objectivité journalistique aussi idéalisée que chimérique qui les porte à présenter de manière équilibrée les deux parties en présence ».
Cependant, avec ses propos après Charlottesvile, D. Trump semble, pour Ch. Lachnitt, avoir touché aux limites de sa stratégie :

Mais, en s’attaquant cette semaine au tabou ultime des Etats-Unis, les relations inter-ethniques, le Président semble avoir touché la limite de sa stratégie : sa propre confusion mentale et morale pourrait finir par prévaloir sur la confusion qu’il a voulu instiller dans les esprits américains.

Durant deux ans, il a testé l’élasticité des valeurs de la démocratie américaine et celles-ci ont démontré leur souplesse… ou leur manque de structure quand il s’est agi du respect des handicapés, des musulmans, des latinos-américains ou de la concorde politique. Les relations inter-ethniques, elles, revêtent une toute autre importance symbolique : elles fondent la Société américaine du melting pot tout en menaçant en permanence son équilibre.

Ce faisant Donald Trump met la Nation au pied du mur de sa prise de conscience politique et morale à son endroit.
Dès lors la question que se pose Ch. Lachnitt en conclusion de son article est la suivante :

En définitive, cette crise sans précédent ne nous apprend rien sur Donald Trump dont il suffisait de suivre la campagne (ou de lire Superception) pour connaître la vraie nature. Mais elle va nous apprendre beaucoup sur l’Amérique et sa capacité à préserver son idéal démocratique et, plus prosaïquement, ses intérêts politiques. C’est dans les difficultés que les nations, comme les individus, se révèlent. L’heure de vérité est arrivée.

D’autant que pour Lachnitt,

aujourd’hui, les Etats-Unis n’ont pas de grande figure morale, dans les univers politique, médiatique ou culturel, susceptible de mettre les dirigeants, au premier rang desquels ceux du Parti républicain, face à leurs responsabilités.

Il appartient donc à la société civile de faire le job.

Le président Donald Trump est désormais un sympathisant néo-nazi

Acte terroriste néo-nazi et suprémaciste de Charlottesville. Hier Donald Trump est revenu sur sa déclaration de lundi condamnant les Néo-Nazis et les suprémacistes blancs en renvoyant mardi la faute également sur les mouvements antiracistes. C’est une transgression sans précédent dans l’histoire américaine. Cette transgression en fait de facto, et ad minima, un sympathisant néo-nazi.

Pour le Washington Post, en tenant de tels propos, D. Trump a attisé les flammes de la division raciale et, ce faisant, il a échoué à un test crucial de sa présidence.

« Trump’s remarks represented a rebuke of the broad array of political, civic and cultural leaders who had called on him over the past several days to clearly and firmly denounce the hate groups and offer support for the victims of the violence. Under mounting pressure to set a clear moral tone for the nation, he instead lashed out defensively against criticism that he had fanned the flames of racial divisions and, in doing so, failed a crucial test of his presidency.
During the remarks — which caught senior aides watching from the lobby by surprise — Trump appeared far more passionate in defending many of the rally participants than he had in his more muted denunciation of the Ku Klux Klan and neo-Nazis a day earlier at the White House, where he read from prepared remarks. Visibly irritated, he parried with reporters and spoke over them, refusing several times to let them cut him off. »

Le schéma suivant du Washington Post illustre les zigzags de D. Trump concernant l’acte terroriste de Charlottesville :

 

Après ce nouveau revirement, les réactions politiques provenant tant du camp républicain que démocrate condamnent fermement, et plus largement qu’après sa première déclaration du 12 août, les propos de D. Trump. Le Washington Post les tient à jour ici.
Pour Richard Wollfe, chroniqueur de la politique américaine pour le Guardian, « Donald Trump the neo-Nazi sympathizer has achieved what Donald Trump the president has singularly failed to do: unite the nation ». Il a réussi créer un front bi-partisan… contre lui. Par ailleurs, pour le Guardian, cette dernière déclaration lève les (dernières) ambiguïtés concernant la véritable posture de Donald Trump à propos des néo-nazis, des suprémacistes blancs et racistes de tout poil américains en titrant sans équivoque The president of the United States is now a neo-Nazi sympathiser.

Si les propos de Donald Trump indiquant qu’il y avait aussi des gens biens dans l’alt-right vous interpellent, je vous encourage à regarder Mississipy Burning d’Alan Parker :

Vous pouvez aussi regarer le documentaire sur l’histoire réelle inspirant le film :

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p dir=”ltr”>Jusqu’à hier, je pouvais le regarder en pensant qu’il s’agissait d’une époque heureusement révolue. Depuis aujourd’hui, je me dis qu’il s’agit d’un film qui nous indique ce que demain pourrait être…