C’est la pause estivale. Enfin, pas tant que cela lorsque je regarde le temps. Toujours est-il que le rythme ralentit et que c’est le temps des séries de l’été et de l’information un peu en creux. Pour politis.ch, c’est aussi le temps des vacances et des parutions irrégulières.
Cependant vous ne savez pas trop que faire? Quelques propositions de série de l’été.
– si vous aimez le sport, c’est le temps du Tour de France et donc des affaires de dopage. Ca tombe bien, elles font la une de l’actualité depuis quelques jours. Jusqu’à hier, c’était du menu fretin. Avec Riccardo Ricco, c’est plus sérieux, mais c’est toujours avec de la bonne vieille EPO, une nouvelle variante certes, mais faut pas charrier non plus. Sûr que les Cadel Evans, CSC, Denis Menchov fonctionnent au plus perfectionné, à l’indécelable. On ne prête qu’aux riches* dont ne faisaient pas partie les Saunier-Duval. Mais sait-on jamais.
*Preuve en est d’ailleurs que le cyclisme est un sport de pauvres. Ainsi Christophe Brissonneau, sociologue, vient de remettre un rapport au Parlement européen sur le dopage dans le sport professionnel et indique au journal Le Monde qu’« «Il vaut mieux être footballeur dans un ancien pays de l’Europe de l’Est que cycliste en France».
– si votre conscience écologique vous interpelle, il vous est également possible d’allier amour du sport propre et écologie en suivant l‘AlterTour de la Biodiversité Cultivée pour unePlanète Non-dopée.
– si vous aimez l’armée suisse, Samuel Schmid vous fera, à coup sûr, tordre de rire cette année. Après les tristes affiches de moutons noirs, c’est une farce tragi-comique qui nous est servie cet été par la droite nationaliste suisse. Même l’ancien parti de Samuel Schmid reste sans voix. Si seulement ces histoires étaient arrivées avant pour pouvoir le virer, mais il est déjà parti… presque à l’insu de son plein gré.
– si vous aimez les médias, vous n’aimez pas Le Matin et vous avez bien raison. Vous vous doutiez de son intérêt, de sa pente naturelle à faire le lit de l’UDC, du populisme et du racisme. Là aussi, vous aviez raison: Le Matin : un hôpital qui se fout de la charité !).
Et si demain Google proposait d’héberger les rédactions de tous les journaux sur ses propres plates-formes, comme il le fait déjà avec ses blogs ? Et gratuitement en plus. Rien de plus simple. Certains y pensent déjà chez Google et le font savoir… sur le blog de Jeff Jarvis ! C’est une bombe relatée par Novövision (Google est le seul avenir du journalisme).
– si vous aimez l’histoire, la crise des subprimes et plus largement de l’économie mondiale rappelle à votre souvenir la crise des années 30 et l’après-Krach de Wall Street. En 1929-1930 également on vous assurait que cela n’était qu’une crise financière, mais que l’économie réelle allait bien. De toute façon, les monétaristes à la Milton Friedman disposaient depuis lors des outils pour éviter ce genre de catastrophe. John Kenneth Galbraith n’était qu’un vieux ringard, vous pensez donc.
On rigole un peu moins depuis que les organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae ont connu une déroute boursière devant une montée des inquiétudes des marchés sur leur capacité à faire face à leurs engagements. Triste ironie du sort pour Fannie Mae qui est un organisme créé en 1938 par l’administration Roosevelt dans le cadre du New Deal pour permettre l’accession à la propriété de gens relativement modestes.
Sur le sujet, vous ne manquerez pas de lecture:
– après avoir jeté tous vos livres de Milton Friedman, relisez d’abord John Kenneth Galbraith (1908-2006) et son ouvrage de 1954La Crise économique de 1929. Anatomie d’une catastrophe financière;
– complétez avec les articles de la revue Alternatives Economiques consacrés à Keynes (Keynes, toujours actuel);
– relisez mon billet Crise, panique boum d’août 2007;
– prolongez avec les articles du blog OuVertures.info sous la rubrique économie ou subprime;
– consolidez avec quelques aspects pratiques et un choix d’autres lectures proposés par l’article Crise des Subprimes de Wikipedia;
– terminez par cet article de mars 2008 qui montre le tournant de la pensée lorsque «soudain» aux Etats-Unis le vocabulaire et la psychologie de l’époque de la Grand Dépression a commencé à se répandre et où le comportement de Georges W. Bush et de son administration se sont rapprochés de celui du président Hoover et de l’administration d’alors dans un aveuglement et une paralysie de la pensée, issus de la théologie du marché. La pensé paralysée (dedefensa.org).
– si vous aimez la lecture, peut-être que les ouvrages que j’emporte sur les plages vous inspireront… ou pas:
Olivier Meuwly (2007) Les penseurs politiques suisses du 19e siècle. Les combats d’idées à l’origine de la Suisse moderne. Lausanne: Le savoir suisse
Ou la pensée politique suisse du 19e siècle, vu au travers d’un (dernier?) historien radical.
Michael Collins (2007) La vie secrète de E. Robert Pendleton. Paris: Points-Seuil
Après le suicide bâclé du professeur Pendleton, écrivain raté sur le point de perdre sa chaire de Creative Writing, Adi, l’une de ses étudiantes rongée par la culpabilité, s’installe chez lui pour jouer les gardes-malades. Elle découvre dans la cave un livre écrit par Pendleton des années auparavant. Immédiatement elle perçoit dans Le Cri un chef d’œuvre où « Nietzsche rencontre Charles Manson ». Adi s’associe avec l’ennemi intime de Pendleton pour le faire republier. Le succès est immédiat. Un seul détail la trouble : l’effroyable meurtre d’une adolescente relaté dans Le Cri ressemble étrangement à un crime jamais élucidé, qui eut lieu dans la région quelques années plus tôt… Simple coïncidence ? Ou bien Pendleton aurait-il quelque lien trouble avec ce macabre fait divers ?
Elsa Osorio (2007) Tango. Paris: Points-Seuil
Au Latina, un café parisien, Luis invite Ana à danser un tango. Passionnés parla danse argentine, ces deux inconnus découvrent qu’ils ont en commun une histoire. Leurs aïeux croisaient déjà leurs pas au rythme du tango, dans le Buenos Aires du début du XXe siècle, avant les dictatures, quand l’Argentine était encore la terre promise d’innombrables immigrants.
Jay McInerney (2007) La belle vie. Paris: Points-Seuil
Ils avaient trente ans et des poussières. Le monde leur appartenait. Ils étaient, disait-on, le plus beau couple de New York. C’était en 1987. Quatorze ans plus tard, Corrine et Russell Calloway ont deux enfants et vivent dans un loft, à TriBeCa. Ce soir-là, ils ont invité des amis à dîner. Nous sommes le 10 septembre 2001. Dans quelques heures, le monde va basculer dans l’horreur. Ce livre n’est pas le roman du 11-Septembre. Il nous parle de ce qui se passe après, quand l’onde de choc de l’attentat du World Trade Center vient percuter des millions d’existences. Une étrange atmosphère se répand, mélange de chaos et de responsabilité collective, d’angoisse et d’euphorie. L’impossible est devenu possible. Désormais, tout peut arriver.
Sara Paretsky (2007) Chicago, banlieue sud. Paris: Points-Policiers
Lorsqu’on demande à la détective privée V.I. Warshawski d’aller fouiner du côté de Fly the Flag, atelier de confection de drapeaux, elle ne s’attend sûrement pas à le voir flamber. Surtout avec un mort en prime, le patron Frank Zamar. Accident ? Incendie criminel ? Warshawski poursuit l’enquête, en plein sud de Chicago, banlieue misérable, où la violence et les gangs règnent en maîtres.
Il me reste à vous souhaiter un bel été. A bientôt.
Manière élégante de dire les choses…
Bon été à toi 🙂
Tu ne vas pas t’ennuyer dis 😉