Bourdieu, Luc Recordon et l’élection au Conseil fédéral

Attablé à mon travail de thèse (eh oui!), je relisais Ce que parler veut dire de Pierre Bourdieu (1982: 155) et je m’attardais sur le passage suivant avec un je-ne-sais-quoi de la prochaine élection au Conseil fédéral de décembre tout soudain:

«les dominants,[…], s’efforcent de produire par un discours purement réactionnel [à celui de leurs adversaires]. Ne trouvant rien redire au monde social tel qu’il est, ils s’efforcent d’imposer universellement, par un discours tout empreint de la simplicité et de la transparence du bon sens, le sentiment d’évidence et de nécessité que ce monde leur impose; ayant intérêt au laisser-faire, ils travaillent à annuler la politique dans un discours politique dépolitisé, […].
Ce langage politique non marqué politiquement se caractérise par une rhétorique de l’impartialité, marquée par les effets de symétrie, d’équilibre, de juste milieu, et soutenue par un ethos de la bienséance et de la décence, attesté par l’évitement des formes les plus violentes de la polémique, par la discrétion, le respect affiché de l’adversaire, bref, tout ce qui manifeste la dénégation de la lutte politique en tant que lutte.»

Sûr me disais-je que les dominants (71% du peuple suisse n’ayant pas voté UDC) s’avancent vers l’abattoir:”(non, je n’ai pas dit tels des moutons!)”: en procédant de la sorte.
Pis… en me remettant à des heures indues à mon ordinateur, la lecture du dernier billet d’ouVertures me fit chaud au coeur:

«On se doit donc de saluer le courage des Verts qui viennent de décider et d’annoncer qu’ils entendaient très clairement barrer la route à l’antidémocrate en présentant la candidature de Luc Recordon, notamment. Ainsi que l’affirme Luc Recordon dans un communiqué, “il entend représenter les 71 % de votants qui n’ont pas voté pour l’UDC lors des élections fédérales du 21 octobre. Sa candidature n’est pas dirigée contre la personne de Christoph Blocher mais contre sa ligne politique qui fait fi des valeurs essentielles qui fondent notre Etat et équivaut à un découpage de la société en catégories qu’on stigmatise les unes après les autres”.»

Comme le dit Ada Marra, toute nouvelle conseillère nationale socialiste vaudoise:

«pour que le 12 décembre ne soit pas une fois de plus “la chronique d’une victoire supplémentaire annoncée”, il faut soit désormais que PDC et socialistes suivent les Verts et Luc Recordon soit que les centristes nous proposent quelqu’un d’autre sur lesquelles toutes les formations se mettent d’accord. Les jours sont comptés.»

Alors pour leur donner du coeur à l’ouvrage, qu’ils/elles raniment la flamme:

Un commentaire sur “Bourdieu, Luc Recordon et l’élection au Conseil fédéral

  1. Vous n’avez pas compris semble-t-il la portée du passage de Bourdieu et l’efficacité inéluctable de la stratégie des dominants. Leur attitude ne les conduit pas à l’abattoir mais à leur reproduction inévitable et sans efforts. Toute les gesticulations des dominés ambitieux de les supplanter, comme Herr B., ne peut aboutir qu’à des succès factices, sans conséquences. La suite des évènements l’a prouvé, qui a n’a fait que constater le verrouillage de la nomenklatura dominante.

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