“Christoph Blocher n’a pas, contrairement à l’usage, abdiqué ses responsabilités partisanes en entrant au Conseil fédéral, mais a continué à diriger de facto l’UDC, avec la complicité d’un petit groupe de fidèles. La confusion des genres a culminé au cours de la campagne électorale de l’automne 2007, où la campagne électorale du parti s’est confondue avec un véritable plébiscite pour Blocher. Lequel ne concevait pas seulement sa participation au Conseil fédéral comme l’occasion d’y apporter la sensibilité de l’UDC mais comme une base lui offrant des moyens supplémentaires d’accomplir la mission salvatrice qu’il s’est lui-même fixée. Au Conseil fédéral, Blocher se croyait toujours investi prioritairement de la mission de sauver la patrie contre toutes les autres formations politiques prêtes à la vendre à Bruxelles et à la précipiter dans l’abîme des déficits et des dettes. Cette vision missionnaire, ajoutée à un souverain mépris des usages, à une arrogance naturelle, aux effets d’un ego hypertrophié, à l’assurance que procurent des moyens financiers considérables, a fait du passage de Blocher au Conseil fédéral un épisode peu ordinaire et douloureux pour le personnel politique comme pour les institutions.”
– Le Temps – Eclairages