Lecture : Question sur la dette grecque | Mediapart

Le poing d'Alexis Tsipras, après sa victoire aux élections à Athènes, le 25 janvier 2015. REUTERS/Giorgos Moutafis
Le poing d’Alexis Tsipras, après sa victoire aux élections à Athènes, le 25 janvier 2015. REUTERS/Giorgos Moutafis

Sur le blogs de Mediapart, un instructif article nous permet de mieux comprendre les tenants et aboutissant de la dette grecque.
Tout d’abord à la question d’où vient-elle, ce billet nous apprend que

«Quadruplant pendant la dictature des colonels entre 1967 et 1974, [la dette grecque] a continué à croître par la suite à cause de l’importance des dépenses militaires (4% du PIB, contre 2,4% en France) dont les entreprises européennes d’armement ont été les grandes bénéficiaires, des dépenses somptuaires, pour la plupart inutiles, des jeux olympiques de 2004, de la corruption généralisée des classes dirigeantes et de l’impossibilité de faire payer l’impôt aux plus riches, parmi lesquels l’Église orthodoxe et les armateurs.»

Sur la spirale infernale, aux mécanismes déjà connu concernant l’Amérique du Sud dans les années 1980-1990, qui permet aux instituts financiers de s’enrichir à bon compte tout en appauvrissant un pays et ses habitants :

«En 2009, avant même l’éclatement de la crise de la dette grecque, les banques se refinançaient auprès de la Banque centrale européenne (BCE) au taux de 1 % et prêtaient à la Grèce à 6 %, ce taux passant même à 12 % début 2010. Salué par la plupart des commentateurs, le retour de la Grèce sur les marchés financiers en avril 2014 s’est traduit par un emprunt à un taux de 4,75 % alors que le taux de refinancement des banques était de 0,25 %. Conséquence : la dette est passée de 113 % du PIB en 2009 à 174 % aujourd’hui […].»

De la sorte, les aides à la Grèce n’ont servi essentiellement qu’à payer les intérêts de la dette… sans jamais pouvoir la rembourser.
A propos de la maxime, on ne prête qu’aux riches et aux puissants quand il s’agit d’un pays ainsi que la question de l’annulation des dettes d’un pays :

«Le cas le plus connu est celui de l’Allemagne. Lors de la Conférence de Londres en 1953, sa dette avait été réduite de 62 % avec un délai de 30 ans pour le remboursement des créances restantes. Un moratoire de cinq ans a été instauré, les taux d’intérêt ont été réduits et le service de la dette ne pouvait pas dépasser 5 % des revenus d’exportation. Les réparations dues par l’Allemagne ont été remises à plus tard au moment de la réunification. La Grèce était directement concernée par ce point puisque la banque centrale grecque avait été pillée par les nazis lors de l’occupation du pays. Ce dommage est estimé aujourd’hui à 50 milliards d’euros, somme que le gouvernement allemand n’a jamais remboursée. […]. Plus récemment en 2013, la BCE a été obligée d’accepter en catimini une restructuration de la dette irlandaise en échangeant des titres de l’IBRC, une structure bancaire irlandaise issue de la fusion des deux plus grosses banques en faillite du pays, contre des titres émis par l’État irlandais, violant ainsi les traités européens.»

On le voit, la question n’est donc pas technique ou le résultat d’un peuple grec vivant aux crochets des Européens depuis des décennies, mais c’est une question avant tout politique qui renvoie à l’avenir de l’Europe.
Le billet de Mediapart : Questions sur la dette grecque.
A lire également en complément : Athènes est victime d’un chantage | Slate.fr. La conclusion de cet article de Slate.fr :

«Une des principales motivations pour la création de l’Euro était de rétablir le contrôle des politiques sur la «tyrannie» des marchés. Mais la prise en otage des institutions de l’Eurozone par des créanciers bornés s’est finalement avérée bien plus tyrannique que lors des précédentes crises monétaires. Le magnifique idéal européen de paix, de prospérité et de démocratie a laissé place à une brutale politique de pouvoir.»

A méditer…

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