Interview. “Trump récompense les riches et sanctionne les pauvres” | Courrier international

Philip Alston, le rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, publie un rapport accablant sur la pauvreté aux États-Unis, dans lequel il accuse le gouvernement du président Trump de creuser les inégalités en récompensant les riches et en sanctionnant les pauvres. “Le rêve américain est rapidement en train de devenir l’illusion américaine, note-t-il. L’égalité des chances, si prisée en théorie, n’est qu’un mythe dans la pratique, en particulier pour les minorités et les femmes, mais aussi pour de nombreux travailleurs blancs de la classe moyenne.” Après avoir visité les États-Unis à la fin de 2017, cet Australien qui enseigne le droit à l’université de New York présente son rapport le 21 juin devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève [que les États-Unis viennent de quitter]. Extrait.

Vous avez sillonné les États-Unis pendant douze jours. Qu’avez-vous vu ?

J’ai commencé par la Californie, où j’ai enquêté sur les sans-abri. Puis je me suis rendu en Alabama, où je me suis intéressé aux disparités raciales et à la pénurie de services élémentaires comme l’enlèvement des ordures à la périphérie des grandes villes. Le plus choquant était l’absence de réseaux d’égouts, au point qu’on pouvait voir les eaux usées s’écouler dans les jardins des habitations. C’est une scène que l’on s’attend à voir dans un pays en développement, pas aux États-Unis.
La destination suivante a été Porto Rico, qui, s’il était un État à part entière [Porto Rico est un territoire associé aux États-Unis], serait sans nul doute le plus pauvre du pays. La situation, déjà dramatique, a été considérablement aggravée par le passage de l’ouragan Maria [en septembre 2017]. Bien que je ne sois plus censé utiliser cette expression, les conditions étaient très proches du tiers-monde. J’ai rencontré des gens qui n’avaient pas accès aux services de base. L’État ne joue pas son rôle. Il ne fournit aucune protection.
Je me suis également rendu en Virginie-Occidentale, où de nombreux habitants n’ont aucune assurance-maladie, et j’ai pu constater à quel point les services fournis par les pouvoirs publics sont faibles : dans le secteur de la santé, mais aussi dans des domaines comme l’accès à Internet. Des responsables m’ont expliqué qu’il ne servirait à rien de proposer de nouvelles dépenses budgétaires, car elles ne seraient pas votées par le Parlement local.
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