
Hans Arp mit dem Nabel-Monokel, 1928 (Fotograf unbekannt) © Stifung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp e.V.
La confiance était le mot-clé, hypnotique de Hans-Rudolph Merz en présentant ses voeux pour 2009 et en répondant aux journalistes de la TSR. La méthode Coué comme étendard et comme remède à la crise. J’émettais mes doutes sur la méthode et les chiffres du chômage, publiés le lendemain, projettaient déjà l’ombre du doute sur les résultats des remèdes du bon Dr Merz.
Hier soir, au Conseil communal, j’avais les preuves de l’échec de ce discours au sein même des troupes de notre brave Président lorsqu’une conseillère libérale venait demander si la commune ressentait déjà les effets de la crise et s’il ne fallait pas anticiper certains investissements pour soutenir les entreprises.
En rentrant, je lis sur le site du journal Le Temps que l’industrie d’exportation était totalement désarmée et que les patrons demandaient des mesures ciblées (Les patrons veulent des mesures ciblées).
Commentant le deuxième plan de relance en deux mois —et alors que début janvier le même Hans-Rudolph Merz estimait les mesures prises largement suffisantes en l’état actuel, car la situation était sous contrôle et que nous faisions mieux que nos voisins (ce fameux Sonderfall…)— ce même journal Le Temps jaugeait en édito ce deuxième programme comme insuffisant et manquant cruellement d’ambition (L’éditorial: «Manque d’ambition»).
C’est peu dire que les milieux économiques paniquent. Après avoir suranticipé la crise en licenciant à fin 2008 de manière préventive —et donc appelé au loup—, les voici cherchant l’abri vers papa Etat.
Décidément le néolibéralisme n’est bon que pour les salariés! D’autant qu’à côté des mesures (insuffisantes) de relance à 700 millions de francs, ce même bon docteur initie un plan d’économie de 600 millions de francs (1) . Au final, notre brave docteur pense pouvoir nous sortir de la gonfle en mettant 100 francs par Suisse sur la table… tout en la rabotant. (Alain Hubler: Je vous ai apporté des bonbons)
La Suisse joue donc petit bras, aveuglé par son idéologie libérale, alors que l’ensemble des pays industrialisés ou émergents ont mis leur œillères idéologiques au placard devant la gravité de la situation ainsi que le souligne le très marxisant Michel Lagier, chef économiste chez la banque Rothschild, en comparant le plan suisse:
«Comparé à ce qui est fait à l’étranger, le plan suisse est à peine visible, tardif, et flou. Il ne devrait pas avoir d’impact notable. Les investissements représentent 0,2% du PIB national, contre 1,5% en Europe, 4 à 5% aux Etats-Unis et 15% en Chine.» («A peine visible de l’étranger»)
Engrangez bien les «peanuts» d’Hans-Rudolph Merz, car vous devrez les découper très, très finement si vous comptez traverser cette crise en leur compagnie.
(1) Allez on lance les paris sur ceux qui devront se serrer la ceinture…
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